Afrique – Fenêtre d’opportunité

Le marché de la dette privée africaine est souvent négligé par les investisseurs institutionnels et les fonds de crédit, mais le succès de certains opérateurs a prouvé qu’il existe des opportunités.

PAR: DAVID BROOKE

PUBLIE LE: 25 AOUT 2016

“Je peux tout simplement regarder à travers ma fenêtre pour me rendre compte qu’un problème existe,” déclare Viola Llewellyn, co-fondatrice d’Ovamba Solutions, fournisseur de financement pour les petites et moyennes entreprises ouest africaines. Cette vue à travers sa fenêtre de ces marchandises qui s’empilent au port de Douala au Cameroun n’est pas une image encourageante, mais est une image vive de l’ampleur des problèmes que rencontrent les petites entreprises pour accéder au crédit.

Les entreprises avec lesquelles Ovamba travaillent voient leur marchandises importées retenues au port pendant qu’elles essaient de trouver le capital nécessaire pour les mettre sur un plus large marché africain. Ce n’est que la partie visible de l’iceberg du fossé de crédit, estimé à 360 milliard de dollars sur le continent par la Banque Mondiale.

Pour les PME en Europe, l’accès aux capitaux à travers les banques peut s’avérer difficile. Les banques africaines imposent des restrictions sur les prêts, aux montants que l’emprunteur détient dans son compte, les empêchant de grandir. Ces restrictions ne s’arrêtent pas là. Les anecdotes partagées avec la PDI révèlent que les entreprises dirigées par les femmes se voient refuser des prêts à cause de leur genre et un malentendu fondamental des start-ups pharmaceutiques a conduit des banques à les classer comme opérations scientifiques et non des entreprises, comme si l’un excluait l’autre.

La lenteur dans la prise des décisions de la part des banques ne fait qu’augmenter la frustration, mais l’incapacité des PME à accéder aux prêts a des conséquences plus importantes pour l’Afrique. Selon une recherche réalisée par les Perspectives Économiques en Afrique, plus de 90% des entreprises qui opèrent dans la région sont classées comme des PME. C’est là où Ovamba a eu du succès, en annonçant un partenariat cette année avec des prêteurs pair à pair, Crowdcredit et Courtyard Capital, basés au Japon et au Royaume Uni.

Les opportunités pour les fonds des dettes privées augmentent et les fonds européens prennent note de l’autre côté du marché. Malgré la chute des prix des produits de base et la fluctuation des taux de change, des banques sud-africaines procèdent à une diminution des risques de leurs activités et la taille des billets variant entre $10 million-$40 million sont proposés.  Ainsi, la voie est libre pour les fonds mezzanine pour apporter leur financement. Vantage Capital, basé en Afrique du Sud est déjà à son troisième financement et cible une clôture finale de $260 million d’ici la fin de l’année 2016. L’année dernière, Investec Asset Management  a recueilli $226 million lors de la clôture finale, offrant un rendement de 7-8% au-dessus du Libor.

Pour un continent riche en ressources naturelles, les projets d’infrastructures jouent un rôle majeur et offre aux fonds de crédit une occasion d’apporter leur financement. La compagnie pétrolière et gazière New Age a récemment obtenu une facilité de garantie de premier rang d’un montant de $425 million d’un groupe de cinq prêteurs, y compris EIG Global Energy Partners et Africa Finance Corporation.  Steve Lowden, le PDG de New Age avait déclaré à l’époque que cela signifiait que l’entreprise a “ un bilan exceptionnel solide au terme du cycle de matières premières”.

Toutefois, prêter de l’argent se trouve encore à un stade embryonnaire en Afrique. Les investisseurs trouvent souvent en la réponse du gouvernement aux dettes privées une réaction mitigée. D’une part de la confusion et d’autre part du soutien pour certain projet. Trouver des investisseurs qui seront en mesure de travailler dans la région demande un réseau de partenariats pour trouver les bonnes affaires, mais un avocat qui exerce en Afrique a déclaré qu’il reçoit des demandes européennes de financements.

Avec l’attention accordée au Brexit, à la chine et aux élections aux Etats-unis, on oublie que l’économie de l’Afrique a connu des soubresauts l’an dernier. La demande de crédit par les PME et les marchés intermédiaires va croître lorsque les banques vont réduire leurs activités. Beaucoup déclarent qu’il existe plein d’opportunités, mais il est important de trouver son compte en faisant le premier pas, tout en assurant un cadre pour conclure les investissements.

Comme le déclare un investisseur:“il s’agit de trouver le bon dosage à investir dans un marché qui est assez développé, mais qui demeure un territoire vierge.”

Source: https://www.privatedebtinvestor.com/news/africa/2016-08-25/africa-%E2%80%93-window-of-opportunity/

 

Tel qu’initialement publié par Private Debt Investor